Changement, je suis un garçon dangereux : surtout ne m’écoutez pas.

Changement, je suis un garçon dangereux : surtout ne m’écoutez pas.

Il est indéniable qu’avec un titre pareil je suis dangereux pour moi-même. Surtout il ne faudrait pas qu’un esprit simpliste ne s’arrête au titre sans lire jusqu’au bout, et avec un peu d’humour, cet article sur la gestion du changement et le management.

Ainsi, il y a une heure j’ai entendu une phrase que la vie me chante comme un refrain. « Tu vas parfois un peu trop vite ». Je déteste cette phrase. En fait je la hais tellement que je finis par ne plus savoir ce qu’elle veut dire. Donc philosophons mes amis. Et traitons le sujet dans son ensemble.

ALLER TROP VITE

Vous avez 2h.

Face aux changements <Celui-qui-va-trop-vite> se précipite…

Sous-entendu il ne fait pas bien les choses.

Pas assez de réflexion préalable. Pas assez de préparation. <Celui-qui-va-trop-vite> prend le risque de se tromper. Ici je me souviens d’une phrase de mon prof de marketing lors mon Master Entrepreneuriat il y a déjà 20 ans : « il y a deux sortes d’entrepreneurs : ceux qui font des études de marché, et ceux qui créent leur boite ». C’est bien de se précipiter, puisque cela crée du mouvement. Cela lance des initiatives, des bonnes et des mauvaises. Et s’il se trompe ? Et bien <Celui-qui-va-trop-vite> se précipitera sur un itinéraire bis. Alors soyez heureux dirigeants qui avez des <managers-qui-vont-trop-vite> : votre entreprise avance. Mais vérifiez juste qu’ils ont le sens de la remise en cause. Qu’ils savent changer de voie quand ils se sont trompés. Un sage disait « On avance plus loin en changeant de direction qu’en restant sur place étudier la carte. »

<Celui-qui-va-trop-vite> ne laisse pas le temps aux autres pour s’adapter

Sous-entendu il va trop vite pour les autres.

Attendu qu’il y a des projets à mener, des mutations à enclencher, des transformations à amorcer, des objectifs à atteindre… Sachant que le temps du changement peut être long : un peu d’altruisme et d’humanisme que diable ! N’allons pas trop vite et ralentissons pour attendre ceux qui ne vont pas à la même vitesse. Surtout laissons les digérer les changements. Avec cette hypothèse c’est la mort de l’entreprise. Si l’on songe que l’on est toujours « le con » d’un autre, on est aussi le « trop rapide » d’un autre… Si on se freine, arrive le moment où on se cale tous sur la vitesse… du plus lent.

A vrai dire la bonne solution est que chacun doit aller à sa propre vitesse. Parce qu’il n’y a ni managers trop lents ni managers trop rapides. Il n’y a que des individus qui sont naturellement au top lorsqu’ils sont à leur rythme personnel. Evidemment, c’est lorsque chacun avance à 100% de son potentiel que le collectif atteint sa vitesse de croisière la plus rapide. Plus que de changement, il est question d’avancement.

Non je ne vais pas trop vite. Je dirais même que je ne vais pas “vite” tout court. Je vais juste à mon rythme. Certains sont plus lents quand d’autres, aussi nombreux, sont beaucoup plus rapides que moi. En fait, ça dépend des jours et surtout des sujets.

<Celui-qui-va-trop-vite>, avance tout seul

Sous-entendu il s’isole…

Vous verrez bien ! Et si c’est le cas vous lui direz. Peut-être qu’il fera alors preuve de pédagogie, qu’il s’ajustera. En revanche vous avez apparemment une capacité : celle de regarder les interactions entre les individus, vous avez le souci du collectif. <Celui-qui-va-trop-vite> en a une autre : celle de produire, de faire avancer les projets sans avoir besoin d’être poussé. Et si c’était en conjuguant les talents que votre société avait le plus de chance d’atteindre ses objectifs ? Dites à <Celui-qui-va-trop-vite> de ralentir et on vous appellera bientôt <Celui-qui-réfléchit-trop>.

Il y a 2 ans, j’ai travaillé avec un homme remarquable qui m’a accueilli dans son entreprise avec cette phrase « Déploie tes ailes, fais-nous voyager, ne te freine jamais ». Oui, j’ai mené pour lui des dizaines de projets qui n’ont pas fonctionné, et j’en ai réussi plein. Et oui nous ne savions jamais à l’avance où était la bonne idée, où se cachait la mauvaise. Mais nous en avons mené un nombre incroyable. Et ceux que nous avons ratés nous ont donné une expérience exceptionnelle. Toujours nous étions dans le changement permanent : dans le mouvement.

Aujourd’hui on m’a dit « tu vas parfois un peu trop vite ». Et celui qui m’a dit cela a rajouté « on me le dit aussi souvent ». J’ai compris alors que ce n’était pas un reproche. Au contraire.

Et ça m’a donné envie d’avancer encore plus… à mon rythme.

Arnaud CARDINET

 

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